Mesurer l’impact de l’intelligence artificielle sur le marché du travail. C’est le thème de multiples rapports publiés au cours des dernières années.

Le dernier en date : « WHAT JOBS ARE AFFECTED BY AI » est rédigé par The Brooking Institutions.  The Brooking institutions est un des plus anciens et des plus prestigieux think tanks américains.

Les conclusions de l’étude, en ce qui concerne les métiers juridiques sont relativement rassurantes. Ils ne font pas partie des métiers qui subiront le plus l’impact de l’intelligence artificielle.

Une méthode pour mesurer l’impact de l’intelligence artificielle

Le rapport de The Brookings Institutions se réfère aux travaux et à la méthode mise au point par un chercheur de Stanford, Michael Webb. Ce dernier a exposé sa méthode dans son article The Impact of Artificial Intelligence on the Labor Market.

Elle est tout à fait originale. Elle se distingue des habituelles prévisions d’experts. Elle repose en effet sur une analyse approfondie des données tirées des dépôts de brevets.

l'impact de l'intelligence artificielleLa méthode de Michael Webb

Michael Webb procède à des études statistiques dans les textes des brevets déposés. Il identifie les secteurs dans lesquels l’intelligence artificielle aura le plus d’impact.

Il a déjà appliqué la même méthode pour mesurer l’impact de la robotisation et de l’informatisation dans différents secteurs.

Son modèle est donc à la fois robuste et éprouvé. Les brevets déposés aujourd’hui peuvent servir de mesure à la pénétration, demain, de l’intelligence artificielle, dans un secteur donné. L’analyse du texte des brevets renseigne sur les tendances qui se dessinent.

L’impact de l’intelligence artificielle dans le secteur des services juridiques

Les avocats doivent-ils avoir peur de l’intelligence artificielle ?

« Il est tentant, au vu du grand nombre d’entreprises travaillant sur les applications de l’intelligence artificielle au secteur juridique, de conclure que les avocats seront rendus obsolètes par l’IA », affirme Michael Webb. Il montre que certaines tâches sont effectivement faciles à automatiser. « Les « paralegals » passent la majeure partie de leur temps à examiner des documents. Ces tâches, comme l’examen des clauses inhabituelles des contrats, se prêtent très bien à l’automatisation à l’aide de l’IA. En effet, des objectifs peuvent être clairement fixés à l’IA (par exemple, « noter cette clause en fonction de sa fréquence dans les contrats de ce type ») et il existe une grande quantité de données disponibles, souvent dans le domaine public. »

Mais il ajoute « En revanche, les avocats utilisent une grande partie de leur temps à des discussions avec des clients ou d’autres avocats, à représenter leurs clients dans les négociations, à plaider devant les tribunaux et à travailler sur des questions pour lesquelles il n’existe pas de précédent suffisant pour qu’un algorithme puisse être formé avec succès. Ce mélange de travail interpersonnel et de gestion de situations nouvelles les rend très peu exposés à l’IA. Cette conclusion correspond à d’autres travaux qui se sont penchés sur cette question. »