La chute d’une legaltech regroupant avocats et ingénieurs a suscité beaucoup de commentaires aux USA. Plusieurs articles ont été consacrés au retrait du marché du droit de la société Atrium.

De multiples articles analysent la chute d’une legaltech

Il y a quelques jours, la société Atrium a annoncé qu’elle allait cesser de délivrer des services juridiques. L’information a été relayée dans la revue de l’ABA, et diversement commentée.

Legal tech’s broken dreams. Dans son article Jaap Bosman, rappelle qu’Atrium avait l’ambition de révolutionner la délivrance des prestations juridiques, lorsqu’elle a été lancée, en juin 2017.

 

Une legaltech qui regroupait avocats et ingénieurs

La chute d'une legaltechAtrium a été lancée comme un cabinet d’avocats, dont la particularité était de réunir des avocats et des ingénieurs. Elle se proposait de répondre aux besoins des start-up et elle pensait être capable d’inventer un nouveau modèle économique. Il s’agissait notamment de tourner le dos à la « billable hour », la facturation au tarif horaire. Atrium a donc toujours été un cabinet d’avocats, qui ne posait aucun problème, en termes de réglementation du marché du droit.

Après avoir consommé 75 M $ en deux ans, la société a annoncé qu’elle licenciait la plupart des avocats qu’elle employait.

Comment s’explique la chute d’une legaltech comme Atrium ?

D’après la direction d’Atrium, il s’est révélé très difficile de faire collaborer juristes et ingénieurs. Ils ne partaient pas le même langage et ils ne se comprenaient tout simplement pas. L’explication est trop courte, soutient Jaap Bosman.

Les dirigeants d’Atrium ont mal analysé ce que sont les services juridiques. Les services juridiques se révèlent très difficiles à délivrer de manière automatisée. Finalement, observe-t-il, ce que les gens cherchent, avant tout, c’est quelqu’un pour les écouter exposer leur problème. C’est la même chose pour les services médicaux. Il est difficile de se passer de tout contact humain dans la délivrance des prestations juridiques.

Les leçons de la chute d’une legaltech

Si on suit le raisonnement de Joop Bosman, la leçon de l’épisode irait donc très au-delà des erreurs de management qui ont pu être commises par la start-up du droit. Ce qu’il faudrait considérer, c’est la place que la technologie va jouer dans les services juridiques. En définitive, comme toujours avec l’apparition d’une nouvelle technologie, on aurait, dans un premier temps, tendance à en exagérer l’incidence. Ceux qui commettent cette erreur risquent de disparaître, comme Atrium. Mais il ne faut pas non plus oublier que, passée la période du « hype »; la deuxième erreur et de ne pas réaliser que l’on sous-estime toujours les changements que les technologies apportent dans le long terme. Se préparer au futur, c’est se garder de ces deux écueils.