La chute de Ross Intelligence un des acteurs les plus en pointe, dans le domaine de l’intelligence artificielle appliquée aux services juridiques, a été annoncée par son CEO, Andrew Arruda.

La chute de Ross n’est pas un cas unique

Les acteurs de la Legaltech n’ont pas toujours une espérance de vie très longue. Il y a quelques mois seulement, le brutal retrait du marché de la société Atrium avait suscité de multiples commentaires. Cependant, le cas de Ross est très différent. Ross Intelligence ne proposait pas des services juridiques, la société était spécialisée dans l’intelligence artificielle, et elle s’appuyait sur les instruments développés par IBM Watson. Elle cherchait à mettre l’intelligence artificielle au service des cabinets d’avocats. Elle se positionnait comme un concurrent direct des grands éditeurs juridiques. Elle avait mis au point un moteur de recherche “intelligent”, basé sur la maîtrise du langage naturel. Les moteurs de recherche sémantique ont pour but de simplifier et d’accélérer considérablement les recherches de jurisprudence. Il ne s’agit plus de travailler à partir de mots clés, mais d’interroger la machine en langage naturel, en lui posant directement des questions. Les résultats obtenus sont incroyablement plus pertinents et rapides, et nous ne sommes qu’au début de cette évolution.

La chute de Ross, victime de la guerre des données

Pour entraîner un moteur de recherche, il faut des données et quand il s’agit d’un moteur de recherche de jurisprudence, il lui faut des données de jurisprudence. Nous assistons désormais à une impitoyable guerre des données, entre les nouveaux acteurs de l’intelligence artificielle et les poids lourds du secteur de l’édition juridique. Nous avons déjà fait allusion à cette guerre, qui en France met aux prises plusieurs éditeurs et la très innovante société Doctrine, qui est accusée d’avoir utilisé des procédés déloyaux pour se procurer une base de données de jurisprudence particulièrement étendue.

De la même manière, Ross est l’objet d’un procès engagé depuis le mois de mai 2020 à son encontre, par Westlaw et Thomson Reuters, à propos de l’utilisation des bases de données de Westlaw.

Ross vient d’annoncer la fin de ses services

Dans un communiqué publié sur son site et diffusé sur tweeter et d’autres réseaux sociaux, Ross a annoncé qu’il mettait fin à ses activités et clôturait ses services à partir du 31 janvier 2021. L’explication donnée est la suivante : le contentieux en cours a asphyxié la Legaltech. Elle n’a plus aucune possibilité de trouver des financements pour son développement. Les levées de fonds qui lui sont indispensables ne peuvent plus se faire, les investisseurs sont effrayés par les conséquences possibles du contentieux.

La chute de Ross est-elle irrémédiable ?

La chute de RossAndrew Arruda, cofondateur et CEO affirme que la chute de Ross n’est pas irrémédiable. Ross est en mesure, grâce à ses assurances, de financer sa défense, dans le procès qui lui est fait. Si elle le gagne, assure Andrew Arruda, Ross renaîtra de ses cendres. L’enjeu du contentieux judiciaire est devenu énorme. Si Thomson Reuters perd son procès, il devra verser de très lourdes indemnités, compte tenu du préjudice causé par le procès. Mais qu’il le gagne ou qu’il le perde, voilà disparu un des acteurs les plus prometteurs de l’intelligence artificielle, qui avait parfaitement compris les enjeux de la maîtrise du langage naturel. S’il revient un jour sur le marché, dans plusieurs années, celui-ci ne l’aura pas attendu…

C’est le moment de parler de Juri’Predis

La chute de Ross donne l’occasion de braquer le projecteur sur Juri’Predis. Cette société, basée dans le sud de la France, près d’Aix-en-Provence est précisément en train de réaliser une perçée spectaculaire, dans le domaine de la maîtrise de l’intelligence artificielle. Elle propose déjà un moteur de recherche sémantique, qui se passe des mots clés habituels. La barre de recherche qui vous permet de commencer votre recherche de jurisprudence annonce la couleur : “saisissez votre problématique juridique” !

Nous assistons au début d’une révolution et Juri’Predis est un de ses acteurs. L’équipe est pluri-disciplinaire et la société travaille étroitement avec le laboratoire de recherche de la faculté d’Aix-en-Provence.

Si vous êtes avocat (et membre d’un barreau de province), vous avez peut-être entendu parler de Juri’Predis. Votre ordre vous a offert un abonnement gratuit au moteur de recherche, jusqu’à la fin de l’année. Si vous ne l’avez pas essayé, faites le vite. Cette pépite est liée à la Conférence des bâtonniers. Dans la quête pour la mise de l’intelligence artificielle au service des avocats, elle est dans le peloton de tête. Il faudra en reparler.