La Convention nationale des avocats 2017 est derrière nous. Les milliers d’avocats qui avaient envahi Bordeaux depuis mercredi soir sont maintenant repartis.

 

La première convention nationale consacrée au numérique

 

« Economie, numérique et territoires : les nouvelles stratégies pour l’avocat ». La convention nationale de Bordeaux restera donc la première convention nationale consacrée au numérique. Ce thème n’avait pas été absent de la convention nationale de 2014, à Montpellier. Mais nous en étions encore au temps des prophètes, des « adoptants précoces » (early adopters) dans le langage de l’innovation. Il s’agissait encore de convaincre les avocats incrédules de ce qu’un changement immense allait se produire, qu’il était en train de se produire, qu’il nécessitait une formidable capacité d’adaptation et qu’il recelait de formidables opportunités.

 

Le numérique était partout à la convention nationale

 

Ce premier travail est aujourd’hui réalisé. Il y avait bien une place, à la convention nationale, pour une exposition de robes d’avocat, mais le numérique était partout, dans tous les stands, dans les ateliers, au village des incubateurs. Signe d’une incroyable évolution, on comptait pas moins de dix représentants de la legaltech, au sein du salon. Pourtant, au même moment, de l’autre côté de l’Atlantique, la profession continue de se raidir contre la coopération entre avocats et legaltech  (Avvo, LegalZoom, Rocket Lawyer declared off limits http://www.law.com/njlawjournal/almID/1202790850219/)

 

 

Alors, où en sommes-nous aujourd’hui, sur le chemin de l’acceptation de l’innovation ?

 

Dans le domaine de l’innovation, le chemin qui conduit à l’adoption de l’innovation est souvent représenté sous la forme d’une courbe en cloche. L’innovation se répand progressivement. Après le temps des enthousiastes et des adoptants précoces, vient celui ou la majorité suit, plus ou moins rapidement le mouvement (majorité précoce, puis majorité tardive). Les retardataires, comme de juste, ferment la marche. Chacun de 6000 (ou plus) avocats présents à Bordeaux peut désormais se situer sur cette courbe.

Les résistances n’ont pas disparu

 

Dans son discours, le premier ministre a cependant pointé la difficulté de la transition numérique :

« Le thème de votre Convention nationale, « Economie numérique et territoires », montre que vous avez saisi les enjeux du numérique et vous savez, vous l’avez dit, que cette transformation vient bousculer l’organisation traditionnelle de votre profession, elle peut venir bousculer son financement, ses règles de déontologie. »

Selon la formule de Schopenhauer, « toute vérité franchit trois étapes, D’abord elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence. »

Beaucoup en sont restés au temps de la forte opposition. Elle est encore partout, dans l’interprétation restrictive des textes qui ont libéralisé la publicité ou dans les décisions des conseils de l’ordre qui paralysent les initiatives. Elle s’est également exprimée au cours de la convention nationale, car la fracture traverse aussi nos institutions.

 

Les enjeux de la formation

Samedi, en fin de matinée la convention nationale s’est achevée par une intervention du professeur David Wilkins. Dans cette ambiance un peu nostalgique des conventions finissantes, il ne restait plus beaucoup de monde pour écouter sa brillante intervention. Il est un des plus grands spécialistes américains de notre profession et de son évolution. Il a récemment intégré la commission créée par l’ABA pour anticiper les changements nécessaires dans la formation des futurs avocats. Une alliance entre universitaires et profession, pour la modernisation de la profession qui reste encore à réaliser chez nous. La formation des juristes du XXIème siècle, le sujet de la convention nationale 2020 ?