Qui des avocats ou des chatbots tirera le plus de profit du scandale EQUIFAX ? Il suscite d’ores et déjà l’appétit des uns et des autres.

Le scandale EQUIFAX

Le piratage des données de la firme EQUIFAX concerneraient 143 millions d’américains. La firme collecte, dans le cadre de son activité, des données personnelles et financières de clients. Ces données sont liées à la recherche de crédits bancaires. L’annonce du piratage a provoqué de vives et multiples réactions, encore accentuées par l’incapacité manifeste de la société à faire face à l’événement. Le piratage a été annoncé le 7 septembre, avec plus d’un mois de retard.

Les premières actions menées par les avocats

Il ne fait aucun doute que l’affaire aura des développements judiciaires. Les avocats vont tirer les premiers. Après avoir réalisé une première saisine judiciaire ; un cabinet d’avocats a annoncé s’apprêter à introduire des recours dans au moins une douzaine d’Etats, dans les jours à venir. Une action collective est lancée en Géorgie, où est situé le siège social d’EQUIFAX.

Do Not Pay entre en scène

C’est le moment qu’a choisi le fameux chatbot « DoNotPay », déjà connu pour permettre la contestation des contraventions sans avocat, pour entrer en scène. En quelques jours, la plateforme a été adaptée pour intégrer ce contentieux potentiel. Le site propose d’ores et déjà de saisir une juridiction dans l’Etat de New York et en Californie, et annonce que son offre va s’étoffer. Il affirme être en mesure d’aider les clients d’EQUIFAX (qui pourront en même temps prendre part à la class action) à poursuivre directement la société, sans avocat, pour lui réclamer, devant les juridictions compétentes en matière de petits litiges, des sommes variant entre 2 500 et 25 000 $ (le plafond de compétence de ces juridictions est variable selon les Etats américains). Joshua Browder s’est fendu d’une nouvelle déclaration tonitruante : “I hope that my product will replace lawyers, and, with enough success, bankrupt Equifax.”

Simple effet d’annonce ?

Le chatbot va-t-il véritablement s’octroyer la part du lion, à la place des cabinets d’avocats ? Pas du tout, rétorquent deux journalistes : il ne suffira pas de remplir un formulaire en ligne, pour recevoir par la poste un gros chèque. (https://techcrunch.com/2017/09/13/no-a-chatbot-cant-automatically-sue-equifax-for-25000/)

Le chatbot est en réalité très primitif. Il est tout au plus capable d’aider à réaliser la saisine d’une juridiction, ce qui ne constitue que le premier pas d’un parcours judiciaire semé d’embuches.

A suivre donc, et une seule certitude : l’apparition d’un nouveau contentieux provoque immédiatement l’apparition d’une offre en ligne.